Les journalistes du LNDC ont interviewé 3 surveillants du collège du Val d’Arros pour mieux comprendre leur métier.

LNDC : Pourquoi avez vous choisi d’être surveillant ?
Bénédicte : J’ai choisi d’être surveillante car j’ai toujours aimé travailler au contact des élèves.
Sandy : J’ai choisi d’être surveillant d’abord pour avoir un emploi stable, tout en joignant l’utile à l’agréable grâce au contact quotidien avec les élèves. Le rythme scolaire représente également un réel avantage lorsque l’on est parent, car il permet un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
Maud : J’ai choisi d’être surveillante car j’aime le contact avec les jeunes
LNDC : Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?
Bénédicte : C’est un métier riche ; être présents pour les élèves pour les accompagner dans leurs apprentissages en proposant un soutien scolaire, leur donner les clés nécessaires pour évoluer le plus possible. Mais ce n’est pas tout ! Nous veillons à l’encadrement et à la sécurité de chaque élève. Nous sommes également une oreille pour les élèves, dans leur moment de joie comme de doute.
Sandy : Ce qui me plaît dans le métier de surveillant, c’est la possibilité d’accompagner les élèves dans les différentes difficultés qu’ils peuvent rencontrer, comme la gestion de conflits ou des situations du quotidien. J’apprécie de pouvoir les aider à grandir, à évoluer et à gagner en autonomie. Ce que je préfère, ce sont les échanges que nous avons en dehors des cours, notamment pendant les récréations ou les temps calmes. Ces moments privilégiés permettent de créer un vrai lien et de mieux comprendre leurs besoins
Maud : Ce qui me plaît dans le métier de surveillante, c’est d’accompagner les élèves au quotidien. J’apprécie autant les moments d’écoute, de conseil et de prévention que les petites aides plus scolaires, comme les soutenir sur un exercice de mathématiques. J’aime aussi être là pour les encourager, parfois discrètement, à faire les bons choix… même lorsqu’il s’agit de déclarer leur flamme à leur « crush » ! Ce qui me motive réellement, ce sont les échanges : parler de leurs activités du week-end, entendre leurs doutes, leurs peurs, leurs réussites. Toujours dans la bonne humeur — même si je dois parfois hausser un peu la voix — et souvent en chanson !


LNDC : Est-ce que c’est difficile d’être surveillant ?
Bénédicte : Être surveillant ce n’est pas simplement « faire l’étude ». Il faut savoir travailler en équipe, assurer la communication avec les élèves et les adultes du collège mais aussi avec les familles. Pendant les heures de permanence, nous veillons à instaurer un cadre de travail, dans un lieu calme, où chacun peut avancer sur son travail personnel à son rythme, avec notre aide.
Sandy : Non, le métier de surveillant n’est pas compliqué en soi, mais comme dans beaucoup de professions, certaines qualités sont indispensables : la patience, l’écoute, le dynamisme… Il arrive que ces qualités soient mises à rude épreuve selon les situations.
Il est également nécessaire d’avoir un minimum de compétences et de repères pour pouvoir accompagner efficacement les élèves au quotidien
Maud : Il peut effectivement y avoir des moments difficiles dans le métier de surveillant. Parfois, nous sommes énormément sollicités, notamment pendant les récréations : gérer le téléphone, convoquer des élèves, signer des carnets, distribuer des ballons, répondre à une multitude de questions, garder un œil sur un élève en difficulté ou encore repérer un geste déplacé en arrière-plan… Tout cela demande une grande attention. Il arrive aussi que certaines situations nous échappent, car chaque élève est différent et peut réagir de manière imprévisible. Heureusement, nous avons la chance de travailler au sein d’une équipe soudée, composée de personnalités complémentaires, ce qui permet de s’entraider et de surmonter les difficultés ensemble.
LNDC : Comment fonctionne la vie scolaire et est-ce compliqué de la gérer ?

Bénédicte: En vie scolaire, l’assistant d’éducation accueille les élèves, gère leurs absences et retards et contacte les familles. Le surveillant assure aussi les heures de retenue. Nous tâchons de répondre à toutes les demandes des élèves même si la vie scolaire est remplie !
Sandy : La gestion en elle-même n’est pas compliquée, à condition qu’il y ait une vraie cohésion d’équipe, avec une organisation commune et une bonne communication. Les tâches quotidiennes sont globalement les mêmes chaque jour.
Ce qui peut être plus difficile, ce sont certaines situations imprévues qui demandent de l’adaptabilité, de la réactivité et une bonne capacité à garder son calme.
Maud : Chaque journée commence par une répartition des rôles au sein de l’équipe : une personne accueille les élèves à l’arrivée des bus, une autre assure la surveillance de la cour, et une troisième se trouve au bureau de la vie scolaire. Cette dernière gère notamment les appels des parents pour signaler les absences, accueille les élèves qui viennent faire tamponner leurs mots dans le carnet de correspondance, ou encore distribue les ballons et répond aux demandes diverses. Le surveillant présent au bureau change chaque jour, mais chacun se tient informé des éléments importants pour assurer une continuité.
La communication est essentielle, car la vie scolaire joue un rôle central dans le fonctionnement du collège. C’est un peu la “tour de contrôle” de l’établissement : tout passe par elle, ce qui demande coordination et réactivité, mais se gère très bien avec une bonne organisation d’équipe.
LNDC : Nous avons lu que les surveillants doivent changer de métier au bout de 6 années de travail dans un même établissement ; depuis combien de temps êtes vous surveillants ici et allez-vous partir du collège ?
L’assistant d’éducation signe des CDD (Contrat à Durée Déterminée) d’un an. Tous les ans, l’AED a le choix entre refaire une année (en accord avec l’établissement) ou bien changer de voie. Au bout de six années à exercer, il peut soit partir travailler ailleurs (faire un autre métier que surveillant), soit avoir l’opportunité de signer un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) si l’établissement le lui propose.
Bénédicte : En ce qui me concerne, j’ai tout d’abord fait un service civique au collège du Val d’Arros en 2021- 2022, avant d’être assistante d’éducation pour l’année scolaire 2022-2023. Je suis donc sur ma quatrième année. Pour l’instant, je ne sais pas quand je partirai
Sandy : En ce qui me concerne je suis en poste depuis 3 ans ici et je ne me suis pas projeté sur un futur départ.
Maud : Je suis arrivée en mars 2020, juste avant la période du Covid. En janvier 2021, je suis partie en formation pour devenir monitrice d’équitation, puis je suis revenue au collège en novembre 2022, car ce métier ne me correspondait finalement pas.
Au total, cela fait bientôt cinq ans que j’exerce le métier d’assistante d’éducation, et pour le moment, je n’envisage pas de changer.
LNDC : Comment devient-on surveillant dans l’Education nationale ?
Pour devenir surveillant, il faut avoir un niveau BAC minimum. Pas besoin de formation ou de diplôme spécifique. En revanche, notre capacité d’adaptation, notre sens de l’écoute, de la communication et notre pédagogie sont très appréciées afin de garantir un climat scolaire stable.
Bénédicte : Pour ma part, j’ai un Master MEEF Premier degré ; il s’agit d’un diplôme obtenu 5 ans après le BAC, pour devenir professeure des écoles
Sandy : J’ai un dnsep aux beaux arts (master en arts)
Maud : J’ai une licence en valorisation des produits du terroir
LNDC : Avez-vous déjà surveillés dans un autre collège ?
Bénédicte : Non, je n’ai jamais travaillé dans un autre établissement, que ce soit en collège ou en lycée.
Sandy : Oui mais pas en collège. J’ai fais deux lycées : le lycée Jean-Monnet et le lycée Victor Duruy avec internats tous les deux. (J’ai même surveillé Maud au lycée Jean-Monnet !)
Maud : Oui mais très peu de temps (3 semaines) au collège Blanche Odin de Bagnères.
Article rédigé par Liz, Gala & Emma




